Lignes de vie - Gilles Bertin

Archives pour 2010

Pour aider ton conjoint en 2011

Mug de café dans tes paumes, tu demeures immobile, présentant à ton conjoint un profil stoïque. C’est décidé, en 2011 tu le quittes. Plus tard dans la journée, tu ressors ton vieux Propos sur le bonheur, Folio Essais n°21, 2 euros en occase. Il y a 89 ans, le 21 décembre 1921, Alain écrit…

Elle était entrée, avait dit bonjour, n’avait pas eu de réponse – le cafetier était en discussion avec ses habitués – elle s’était assise à une table, près d’une fenêtre, un peu en retrait, sur la gauche. De là elle voyait l’esplanade, le parking devant l’église, un bout du marché.

Il existe des correcteurs orthographiques. Pourquoi pas des détecteurs de répétitions ? Avant de soumettre ses textes, ils peuvent permettre de gagner du temps dans les dernières phases de l’écriture.

Lune captive dans un oeil mort est un roman noir désopilant, « garanti sans moraline », pour reprendre le titre d’un autre talent de l’humour noir, Patrick Declerck. Ses personnages, alors qu’ils sont tous des ratés, restent longtemps dans la tête. C’est qu’en plus de très bien écrire, Pascal Garnier avait un regard acéré et tendre.

Détours

Des applaudissements éclatent quand l’avion émerge de la couche nuageuse. Des jeunes à l’avant de la cabine. Ils ont vu la même chose que moi. L’aéroport en bas.

Mais moi je tourne de l’œil, je m’évanouis, je perds connaissance, je me barre loin de là. En vain, on ne saute pas d’un avion.

. Sur cette photo, ce sont mes deux grands-mères, elles marchent ensemble bras dessus bras dessous, c’est un jour de fête de famille, elles vont à la salle des fêtes, discutant. . Ma grand-mère paternelle a une canne, elle avance avec difficulté et ne sourit pas. Mon autre grand-mère a une tête de moins mais [...]

C’était à la fois étrange et reposant de glisser dans ses vêtements, de les essayer un à un en remontant le décolleté d’un col en V sur mes seins trop gros ou en tournant une jupe un peu flottante à ma taille. Ses chaussures étaient entassées sans distinction dans un sac poubelle. Je chaussais deux pointures au-dessus et ne souhaitais pas les donner à quiconque.

Suivez-moi avec ma tronçonneuse ! Elle coupe bien la garce. Modèle récent, fibres de carbone, batterie lithium-ion, ultra-légère. Avec elle je peux courir, monter, descendre ruelles et passages de la ville. Parce que, où j’opère, ça grimpe, c’est les pentes, la colline, l’ancien quartier canut, faut en être, 1831, 1834, 1848, ça vous dit quelque chose ?

Une minute encore

Si vous avez la chance et le privilège de pouvoir aller au festival d’Avignon cette année, allez voir “Une minute encore” joué et mis en scène par Thomas Germaine d’après les textes de Charlotte Delbo, déportée à Auschwitz.

La muselière

Les mains du type sur la sangle de la muselière. Ses doigts aux ongles rongés qui soulèvent l’ardillon, engagent la lanière dans la boucle, tirent, ferment sa gueule au chien. Il lui parle en même temps.

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