6 milliard d’Autres

Vu au Grand Palais à Paris l’expo conçue par Yann Arthus-Bertrand et réalisée par son équipe. Que dire ? Emotions. Rires. Pleurs. Secousses. Réflexions. Relativisations. Bonneurésolutions. Du mal à partir. A quitter leurs visages. Nos visages. Poussés dehors (gentiment) par les vigiles. Sensation comme après ma retraite de communion. Envie d’être bon. Aimer. Tolérer. Servir. Être un bon homme. Ah ! “Quand les hommes vivront d’amour…” Un seul regret. De taille. L’absence de questions sur le pouvoir, la puissance, la traîtrise, la méchanceté, la corruption, etc. Cela faisait un peu trop devoir de philo. Mais ce qu’il ressort surtout – plus que réponses et questions – ce sont tous ces Autres du monde entier, de toute race, de tout âge, encore naïfs, blasés, blessés, sages, révoltés, courageux, braves, aimants.

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Altération et altérité

Ce soir, en passant devant une librairie, j’ai remarqué dans la vitrine à quelques livres de distance le voisinage de deux mots : altérité et et altération. L’un sur un livre dont j’ai perdu le titre. L’autre à propos d’un dont j’ai aussi perdu le titre. Mais je me souviens de ça : altérité/altération. Je n’avais jamais remarqué leur racine commune. Selon mon Robert, ils viennent tous deux du bas latin : le premier de alteritas et le second de alteratio. Je n’ai pas pu creuser plus loin. Et j’ai résisté à la tentation de rapprocher le “autre” qui a donné naissance à altérité de altération. Pourtant, au sens premier du mot, devenu rare, altération signifie “changement, modification”. Alors qu’au sens commun et actuel, altération signifie dégradation. Voici de quoi méditer sur la peur que je peux, que nous pouvons (parfois ?) avoir de nous perdre en nous ouvrant à l’autre, de nous altérer.

DR GB
DR Lignes de Vie

PS : remarquons encore l’infinie subtilité de la langue française qui a tiré de “altérer” le verbe “désaltérer” !


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