Vases communicants d’Epamin

« …pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange généralisé, chacun écrivant chez un autre ? Suis sûr qu’on y découvrirait des nouveaux sites… ». Ainsi sont nés les vases communicants.

Aujourd’hui, Les Esperluettes d’Epamin’ et Lignes de vie s’invitent réciproquement.

Voici donc :

A eux

une esperluette d’Epamin’

Merci à toi, Gibi, de m’avoir invitée dans tes belles « Lignes de vie ».

Tous les deux sont partis.
Lui, voilà trente ans. Elle, il y a dix ans.

Un poète a dit: « La mort d’un arbre fait un trou dans la terre mais le trou béant laissé par la mort de l’arbre est encore plus grand dans le ciel. »

Malgré le temps qui passe, leur absence m’est chaque jour douloureuse. Je leur dois tant. Je les aimais tant. J’avais encore tant d’amour à leur donner.

Si aujourd’hui je sais faucher l’herbe, repriser les chaussettes, planter des tomates, faire des conserves et des confitures, poser du papier peint, me servir d’un fusil à aiguiser, peindre des volets, faire un ourlet et du point de chausson, tailler les rosiers, couper du bois, faire du vélo, chantonner de vieilles chansons…, c’est grâce à eux!

Si j’ai une impressionnante collection de timbres français, si j’aime le forsythia,  le muguet, le mimosa et les glaïeuls, si je ne sais pas coudre sans dé, si j’adore le gâteau de riz au caramel, si j’aime mettre mes mains dans la terre, si j’aime les vieux outils, si j’aime et je respecte la nature…, c’est grâce à eux!

Si j’aime entendre le bruit de la soupape d’une cocotte-minute, le grincement d’une roue de brouette, le crépitement d’un rôti dans une casserole, le bruit d’une scie circulaire, le crissement des pas dans la neige et tant d’autres petits bruits de vie, c’est que l’espace d’un instant, je me retrouve auprès d’eux.

Si j’ai aujourd’hui le vieux couteau de mon grand-père dans un des tiroirs de ma cuisine, la vieille machine à coudre à pédale de ma grand-mère dans mon salon et leur petit miroir baroque sur le palier, c’est pour avoir un peu d’eux tout près de moi, chaque jour.

Je leur dois, en grande partie, ce que je suis aujourd’hui et je crois qu’ils seraient fiers de ce qu’est devenue leur petite-fille… C’est pourquoi, en décembre, lors de la naissance de mon petit-fils, qui m’a procuré un bonheur indescriptible et une joie immense, j’aurais tant aimé qu’ils soient encore là, pour partager tout cela avec moi.

Pépère & Mamie, comme vous me manquez, comme vous me manquez…

Mais je serai, un jour,
légère dans une jolie boîte rouge,
tout près de vous, pour l’éternité…

Texte de Epamin’

Retrouvez mon texte ici, parmi ses esperluettes et goûtez-les, dégustez-les.

Les autres vases communicants :

Etonnant, non ? comme aurait dit Pierre Desproges.

Publié par

Gilles Bertin

Voir page A propos

9 réflexions au sujet de « Vases communicants d’Epamin »

  1. Mais ils sont encore là, nichés dans tes souvenirs, au plus profond de ta mémoire. Et ils seront surtout encore là, dans tout ce que tu transmettras à ton tour à ton petit-fils…

  2. Epamin’, quand tu m’as envoyé ce miroir pour l’accrocher à ton esperluette, je n’ai pas réalisé à quel point il va avec elle. Et pas seulement parce que c’est pas un miroir Ikéa. Un regard. Nos vies. Je suis un peu bête des fois.

  3. Cette fidélité aux gens qui nous ont aimés et à qui nous le rendons, je la connais bien. Si vous saviez le nombre d’objets, de lettres et toutes les traces que je conserve chez moi de ceux qui nous ont précédés.

  4. @ Frédérique M
    Merci pour votre commentaire. Je penserai à vous en voyant tous « leurs » objets que j’ai gardés…
    Belle journée à vous!

  5. Et encore, Arf, ce n’est là qu’une petite partie de ce que je leur dois et de ce que j’éprouvais pour eux…
    Merci tout plein de m’avoir suivie jusque chez le Gibi.

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