le hangar aux bateaux était fermé depuis longtemps

Je suis au fond du hangar aux bateaux
au-dessus de moi
sur les poutres grossièrement équarries
dans l’apparent pêle-mêle des livres d’un bouquiniste
il y a des dizaines de dérives, de quilles, de safrans.
Sous ces bois effilés polis par les traversées
à l’œil je choisis l’une de ces gouvernes,
mes mains soulèvent la poussière du grenier
Aux mâts, dans les tréteaux, les carreaux des fenêtres
il y a de vastes toiles d’araignées terreuses
le hangar aux bateaux était fermé depuis longtemps
vieux pays clos par mon entière famille immobile
trois générations à terre
leurs gouvernes à sec.
À deux mains je descends du grenier le gouvernail
dans la lumière grise couleur de toile à matelas
gravé sur le bois je découvre
le nom d’une femme et la date
1900.

Gilles Bertin


Photo : GB
Le pays clos

Publié par

Gilles Bertin

Voir page A propos

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *