Que cachez-vous donc dans votre sac mauve ? (Villanelle de Noël)

Hello les chatons ça sonne sonne
tintamarre chic et magique
c’est le plus spectaculaire des Noëls

Que cachez-vous donc dans votre sac mauve ?
demande la sentinelle, des pinces de homard ?
Hello les chatons ça sonne sonne

Jetez vos jokers sur la patinoire sur le manège
entre les façades bleues et rouges
c’est le plus spectaculaire des Noëls

Passez derrière le rideau doré
déguster des sushis un capucchino crémeux
Hello les chatons ça sonne sonne

le vieux colombier ses pigeons mécaniques
la rue de Rennes tout au bout Montparnasse
c’est le plus spectaculaire des Noëls

la grande tour parée de lettres dorées
a coiffé son chapeau de mousquetaire
c’est le plus spectaculaire des Noëls
Hello les chatons ça sonne sonne

Paris, bus 96

Gilles Bertin, texte, montage
Florence Larisse, voix
Musique : Extrait de Peer Gynt – Prélude : Morning Mood (E. Grieg) joué par une boite à musique (music box) – Adaptation : Mourioche — licence : LESFhttp://www.sound-fishing.net/musique/musique-fete
Image : Par MrHedgeyMan, http://mrhedgeyman.deviantart.com/, Creative Commons Attribution 3.0 License


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La forme Poèmes de métro a été inventée par Jacques Jouet, membre de l’Oulipo. La villanelle est un poème à forme fixe tel que défini par Joseph Boulmier dans sa villanelle intitulée Villanelle.

Johnny Guitar

un bonnet abandonné sur ce banc…
je me souviens de Johnny Guitar
on le prenait souvent pour une femme
même s’il se déplaçait avec cette énorme caisse à outils jaune bouton d’or
il aimait ce genre de bonnet
qu’il portait avec un foulard léopard

un beau jour il est parti pour l’Italie
nos trains se sont croisés
long coup de klaxon je remontais de Toulon
la marine nationale une permission
Johnny était un chevalier oui

à Paris sur le quai de la gare j’ai eu peur
j’étais presque seul un soir de décembre glacial
personne ne m’attendait la ville était vide

Johnny n’a jamais joué de guitare
il ne s’appelait pas Johnny non plus vous aviez deviné

je suis allé chez lui rue Picpus
j’ai trouvé trois gamins avec des chapkas et leur mère
un bandeau à nœud rose tenant ses cheveux
c’est eux qui m’ont dit son départ pour l’Italie
il avait laissé sa colossale caisse à outils jaune
ils étaient contents pour lui
il serait heureux là-bas disaient-ils
merde c’était leur père après tout qui les plaquait
et il était presque le mien

on ne le reverra jamais
il a été poignardé dans le tunnel du Mont-Cenis
dans son train vers l’Italie

Paris, métro lignes 6 et 8

Gilles Bertin, texte, voix, montage https://soundcloud.com/gillesbertin/johnny-guitar
Musique : Black Island Hood, https://archive.org/details/TheRiversGoingWild — Creative Commons license: Attribution-Noncommercial 3.0
Image : By Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France (Portrait d’homme (musée Guimet)) [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons, http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3AFlickr_-_dalbera_-_Portrait_d’homme_(mus%C3%A9e_Guimet).jpg


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La forme Poèmes de métro a été inventée par Jacques Jouet, membre de l’Oulipo.

Les clowns ne font plus rire du tout (poème de métro)

Texte et mOntage : moi
Voix : Florence
Bruitages  sous licence LESF de type « Royalty Free »
Image : extrait d’une photo d’un profil social elle-même extraite de la une d’un quotidien pendant l’apparition des clowns en France en octobre 2014


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La forme Poèmes de métro a été inventée par Jacques Jouet, membre de l’Oulipo.

Vases communicants avec Camille Philibert, inspire

peau rugueuse
nidification haillon
paysanne dispensée, magie statique
pas étendu, chairs vermillons de mensonges,
cheveux éteints déjà sous les brises effleurées.

Quand se résorberont vos influx des hauts fonds.
Mornes avantages que le plaisir amer nourri aux feux consumés…
Qu’en biais des saisons et drames et songes, langue sèche déjà acquise,
splendides, les canines splendides, de conteuse de boue, alors…
Exécrant les divines brumes autant qu’astres galeux.
Corps presque détrempé, gagné par le rouge et l’or
dur. Découverte des courants pourris
évocation sévère, élevée
irréel cauchemar
– art triste


Plaisir d’échanger pour la première fois avec Camille Philibert dans ces Vases communicants de décembre 2014. Le principe des vases communicants ? Deux partenaires qui écrivent l’un chez l’autre le premier vendredi du mois.

Le lien vers mon propre texte est ici sur le site de Camille.

La liste de tous les vases communicants de décembre 2014 est ici, grâce à Angèle Casanova. Nous avons eu envie d’écrire sous la contrainte oulipienne des poèmes de métro inventée par Jacques Jouet, membre de l’Oulipo.

Contraire (poème de métro)

prendre ce métro en sens contraire
constater qu’autour de soi aucun passager n’est inquiet
certains descendant néanmoins à chaque station
faisant sans doute discrètement demi-tour
d’autres montant tout aussi calmes les remplaçant
ayant sans doute eux aussi rebroussé chemin en sens contraire
il est temps de retourner à ton départ

Paris, ligne 8

Voix : Florence
Musique : Hungarian Rhapsody No. 4 in E-flat major, Liszt, interpreted by Vadim Chaimovich, Musopen.com, CC PD
Image : klovesjphotography, http://klovesjphotography.deviantart.com/art/Lino-Print-Subway-Map-272489335 — CC Attribution-Share Alike 3.0


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