Végétal, Antoine Percheron - éd. L'Escampette - Illustration de couverture : L'Hiver Arcimbolod, 1563

Végétal, Antoine Percheron

Végétal, Antoine Percheron - éd. L'Escampette - Illustration de couverture : L'Hiver Arcimbolod, 1563
En couverture : L'Hiver Arcimboldo, 1563

Voyeurisme d’écrire sur ce livre, pas terminé, retrouvé dans les papiers d’Antoine Percheron après sa mort, racontant une métamorphose :

Un jour, j’ai changé d’odeur. Je me suis mis à sentir le végétal.

La dernière, la maladie :

Je suis tout simplement en train de pourrir, je tombe en décomposition : c’est le printemps, ou l’automne.

C’est des deux : Antoine Percheron a vingt-cinq ans et déjà il doit attaquer la fin de sa vie.

De chapitre court en chapitre court, quelques lignes, souvent moins d’une page (comment lâcher ce livre écrit avec un tel rythme ?), il, celui qui raconte, devient arbre, résiste, s’évade, est quitté par les humains, sa petite amie, cherche parmi les arbres, les chênes, combat la maladie à coup de marrons.

Parce que tous les prolongements humains que je possédais s’allongeraient certainement, mais surtout changeraient de texture ! De bras en bûches, de mains en branches, de doigts en feuilles.

Ca pousse en lui, il le sent. Il se moque de lui de crainte qu’on se moque de lui :

— Mon nom à moi, c’est l’Incroyable Hulk, tâche de pas l’oublier, j’ai lâché en allumant une de leurs clopes.

[…] je me suis enfui comme tous les méchants de cinéma, sans me retourner, les yeux hagards et

Suit un blanc dans le texte. Il y a en a de nombreux dans ce récit, et pour cause puisque Antoine Percheron est mort sans avoir jamais pu les remplir.

Récit conscient de la dernière métamorphose de l’homme, écrit par un homme si jeune. D’où cette gêne à le lire mais sans jamais pouvoir le quitter. Même neuf ans après l’avoir lu.

Végétal, Antoine Percheron, éd. L’Escampette, 2001, 38 pages, 6 euros et 10 centimes

Publié par

Gilles Bertin

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9 réflexions au sujet de « Végétal, Antoine Percheron »

  1. Je me souviens de ce texte et du malaise dans lequel il m’avait plongé à l’époque. Je crois qu’on me l’avait prêté car je ne le visualise pas dans ma bibliothèque. Je vais quand même enteprendre des recherches, on se sait jamais.

  2. Belle idée, Arf.
    Kouki, établis-tu un lien entre les deux ?
    Frédérique, il a dû tomber derrière les rayons, c’est le principe des petits livres costauds.

  3. Dire que je ne l’avais pas établi !
    Deux êtres très jeunes face à la souffrance extrême et la mort.

    Autant te prévenir, le 3e « Petits mais costauds » sera sur un thème tout à fait autre.
    Mais d’ici là, place aux Vases communicants avec Epamin’

  4. Après cette découverte littéraire, je ne pourrai plus présenter, de la même manière, à mes petits élèves, le livre d’Hubert ben Kemoun, intitulé « Terriblement vert », qui raconte avec humour l’histoire fantastique de la métamorphose d’un gamin en arbre…

    A vendredi, avec plaisir, pour les Vases communicants…

  5. J’ai retrouvé dans chacun de tes mots des petits morceaux de ta peau de lait de tes cheveux si clairs de tes yeux bleus délavés. J’ai retrouvé ta grande sensibilité alimentée par tes capacités littéraires sans fin.
    Cette transformation n’aurait jamais du avoir lieu. C’est l’Académie française qui t’attendait.
    A lire. Absolument…

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