La fenêtre de Carlos Sorin

« Les films où il ne se passe rien, il faut qu’il se passe rien avec beaucoup de sobriété » a déclaré un des critiques du Masque et la plume (pas noté lequel), le dimanche 19 avril à propos de je ne sais plus quel film qu’il taillait en pièces. Cette quasi maxime est appliquée par Carlos Sorin dans son très beau film La fenêtre.

Un homme de plus de 80 ans attend dans son hacienda en Argentine la venue de son fils. Il va mourir bientôt. L’histoire est celle de la journée où il attend ce fils pas vu depuis bien longtemps. Il ne se passe rien et il se passe beaucoup. Les minutes qui battent, la remise en état du vieux piano par un accordeur patient, deux femmes qui prennent soin du vieillard, lui-même qui fait des siennes, pisse comme les marins de Brel  et des jeunesses, des taureaux, des chevaux qui passent, pleins de vigueur.

On avait déjà beaucoup aimé du même Carlos Sorin, la très attachante et très humaniste (c’est évidemment lié) histoire de chien Bombon el perro.

Ca dure une heure quinze, c’est du cinéma pour les amoureux de littérature, de Carver, de Tchekhov. On y évoque aussi au passage Borges et L’invention de Morel, un grand roman classique fantastique de Casares.

Ce film surtout évite le pathos, cela valait d’être signalé.

En ce moment au ciné.

Publié par

Gilles Bertin

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